Playlist éphémère #384 – Et les synthés surtout…

Dans la foulée de l’article consacré à Jan Hammer la semaine dernière, j’ai saisi l’opportunité de concevoir une playlist sur les différentes tendances d’utilisation de l’instrument.

59 minutes et 7 nuances de synthé en jazz, avec Herbie Hancock, Miles Davis, Stevie Wonder, le Weather Report ou encore le Pluto Juice de Dayna Stephens.

1 – Jan Hammer « 6th Day – The People » from « The First Seven Days » / Nemperor Records (1975)

Jan Hammer : Piano, Electric piano, Moog synthesizer, Oberheim synthesizer and digital sequencer, Batterie, Percussion, Freeman string synthesizer / David Earle Johnson : Percussion / Steven Kindler : Violon

2 – Herbie Hancock « Spank-a-Lee » from « Thrust » / Columbia (1974)

Le rapport qu’a entretenu Hancock avec les possibilités offertes par les synthétiseurs est contrarié. Enthousiasmé par l’élargissement du champ des possibles, il n’a jamais cessé de s’interroger sur la meilleure manière de recourir à leurs services. Je me souviens l’avoir entendu dire son admiration pour l’utilisation qu’en faisait Stevie Wonder, procédant d’une approche directe, ne se souciant jamais vraiment d’utiliser ou de faire sonner cette technologie comme les instruments classiques. Quand Hancock a commencé à intégrer la technologie à ses arrangements, il l’a fait dans l’optique d’enrichir la texture de ces morceaux, d’engrosser le son en quelque sorte. Une démarche qui fonctionnait parfaitement sur les premiers albums du collectif Headhunters.

Herbie Hancock : Fender Rhodes electric piano, ARP Odyssey, ARP Soloist, ARP 2600, ARP String Ensemble / Bennie Maupin : Saxophone / Paul Jackson : Basse / Mike Clark : Batterie / Bill Summers : Percussion

3 – Return to Forever « Sorceress » from « Romantic Warrior » / Columbia (1976)

Corea avait une démarche un peu plus équilibrée que celle de Hancock ou de Jan Hammer. S’il prenait toujours soin de valoriser sa maîtrise unique des pianos classiques, il multipliait les sonorités, moins pour ponctuer ou enrichir sa texture que pour orchestrer. En 1976, sur l’album Romantic Warrior, sa démarche est remarquablement cohérente ; sur les morceaux qui ont bien vieilli en tout cas.

Chick Corea : Piano ; Piano electrique ; Orgue ; Synthétiseurs (ARP Odyssey, Micromoog, Minimoog, Moog 15 modular, Polymoog) ; marimba, percussion / Al Di Meola : Guitares / Stanley Clarke : Basse /Lenny White : Batterie ; Percussion

4 – Stevie Wonder « Ordinary Pain » from « Songs in the Key of Life » / Tamla (1976)

Cette année, nous commémorons le cinquantenaire de la parution de ce chef-d’œuvre absolu qu’est Songs in the Key of Life. A l’époque, Stevie en a fini avec le TONTO (dont j’ai raconté la grande aventure ici). Il convoque une flopée de musiciens de studio et des dizaines d’invités prestigieux ; plusieurs centaines d’intervenants sont à créditer. Au-delà de cet enregistrement rocambolesque qui ne fut pas loin d’épuiser la patience des pontes du label, Stevie Wonder est sans doute LE musicien qui utilisa le mieux et le plus intelligemment les synthétiseurs. Il n’y a pas un sommet dans ce disque. Il n’y a que des sommets dont cet Ordinary Pain dont la deuxième partie constitue un des plus formidables instants de fièvre de l’année 76.

Stevie Wonder : Keys, Synth Bass, Vocals / Shirley Brewer : Vocals / Lynda Laurence, Terry Hendricks, Charity McCrary, Syreeta, Deniece Williams, Minnie Riperton, Mary Lee Whitney, Linda McCrary, Sundray Tucker :Choeurs / Michael Sembello : Guitare / Hank Redd : Saxophone alto

5 – Miles Davis « Star People » from « Star People » / Columbia (1983)

Il y a eu du synthé dans la musique de Miles. Et il y a même eu des synthés sous les doigts de Miles. C’est le cas en 83 sur l’album Star People, façonné en 1983, soit un an après le retour du trompettiste suite à un hiatus de 6 années. C’est la structure du morceau qui est intéressante : une longue intro constituée de voices un peu kitsch et une bascule revenant vers une forme blues pure et dure.

Miles Davis : Trompette ; Claviers / Mike Stern : Guitare / Bill Evans : Saxophone / Marcus Miller : Basse / Al Foster : Batterie

6 – Weather Report « Herandu » from « Black Market » / Columbia (1976)

L’autre grand bidouilleur de synthés de l’époque, outre Hammer, c’est Zawinul. Pour sortir tous les sons zarbis que l’on entend sur Black Market (album qui fête aussi cette année son cinquantenaire), le pianiste autrichien a éventré autant de synthés que possible, afin de les altérer à sa guise. Sur Herandu, on atteint en quelque sorte l’apogée créative de ce qu’il cherchait à faire.

Joe Zawinul : ARP 2600, Oberheim Polyphonic Synthesizer / Wayne Shorter : Saxophone / Alphonso Johnson : Basse / Chester Thompson Batterie / Alex Acuña : Congas, percussion

7 – Pluto Juice « Pluto & Beyond » from « Pluto Juice » / Contagious Music (2021)

On finit cette playlist en sortant un peu le nez de l’ère fusion des 70’s. En 2021, sans que l’on sache trop bien ce qui passe par la tête de Dayna Stephens, le saxophoniste décide de faire revivre les synthés. Le résultat, baptisé Pluto Juice, a été acclamé par la critique. Mon opinion est plus mesurée. Mais il y a sans doute quelque chose dans cet album.

Dayna Stephens : E.W.I. / Andrew Marzotto : Guitare / Pete Rende : Synthés / Rich Brown : Basse / Anthony Fung : Batterie


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